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09 février 2008
Ma journée à L'Elysée : Y a t-il de l'espoir pour nos Banlieues




Avec près d'un mois de retard, Nicolas Sarkozy nous a présenté (nombreux associatifs venus de toute la France) )ce vendredi matin à l'Elysée le "plan Espoirs banlieues", porté par sa secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara.
Le chef de l'Etat a annoncé entre autres, 4000 policiers supplémentaires, un retour de l'Etat dans les quartiers et des "contrats d'automomie" pour les jeunes.
En filigrane, le crédo du président: Aide-toi et l'Etat t'aidera. Je suis sceptique car c'est plutôt Aide-toi , Aide-toi et l'Aide viendra (peut être).
Après deux derniers mois de cafouillages, des disputes entre Christine Boutin et Fadela Amara, le plan "Espoir banlieues" a enfin été dévoilé dans sa totalité avec une petite touche personnelle : "Ceux qui veulent faire quelque chose pour eux, l'Etat les aidera. Ceux qui ne veulent rien faire, l'Etat ne fera rien pour eux", a résumé Nicolas Sarkozy.
Son objectif: "casser les ghettos". Cette politique de la ville, qui sera le sacerdoce désormais de "tous les ministres", sera représentée sur le terrain par "un représentant de l'Etat par quartier", à partir du 1er septembre.
Voici les principales mesures :
"J'assume tout ce que j'ai fait et dit par le passé" a déclaré Nicolas Sarkozy. "Dès demain, c'est une guerre sans merci à l'égard des trafiquants, ceux qui utilisent la misère et la pauvreté" pour prospérer. "Il n'y aura pas de pitié". Pour parvenir à cet objectif, il va redynamiser les Groupements d'interventions régionaux, qu'il avait instaurés lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Pour le "quotidien", il a promis 4000 policiers supplémentaires pour la police de quartier de MAM, dont "l'éthique doit être au dessus de tout", a-t-il insisté. Et pour "réduire les malentendus" entre habitants et forces de l'ordre, le chef de l'Etat veut engager des "réservistes", qui habitent dans les quartiers et aideront les policiers à maintenir le calme. Il y aura aussi la création de 200 "unités territoriales de quartier" et de "compagnies de sécurisation spécialisées" comptant une centaine d'hommes chacune.
Sarkozy l'a martelé: à son sens, la politique de la ville ne se résume pas à la réfection des "bâtiments". Il a demandé à Christine Boutin de "conclure un nouveau pacte social avec les bailleurs sociaux", pour que soient mieux entretenus les parcs HLM. "Pas de qualités, pas d'avantages pour les bailleurs" a-t-il résumé, en prenant l'exemple des ascenseurs trop souvent en panne. Autre mesure complémentaire, favoriser l'accessibilité à la propriété pour les personnes au revenu modéré, l'un de ses engagements de campagne. Le chef de l'Etat a à nouveau mandaté Christine Boutin pour mener à bien cette réforme. Ainsi, a expliqué le chef de l'Etat, les dégradations dans les immeubles sont dues au fait que les jeunes "ne s'approprient pas leur logement".
Le chef de l'Etat a usé de formules chocs pour exposer la situation: dans les quartiers, les gens sont "assignés à résidence", "otages" tant le maillage des transports publics les oublient. Or, "l'isolement est un obstacle à l'emploi". A cet effet, il annonce la création "en urgence" de lignes de bus et de tramway. Et précise que 500 millions d'euros, puisés dans les fonds du Grenelle de l'environnement - seront alloués à ces travaux en Ile-de-France et que l'Etat soutiendra les projets qui vont dans ce sens en province.
Le chef de l'Etat veut aider "la jeunesse pleine d'énergie, prête à s'en sortir". Pour ces jeunes, il propose des contrats d'autonomies, qui seront signés avec des entreprises d'insertions. "Ce sera une aide intensive et personnalisée pour accéder obligatoirement soit à un contrat d'apprentissage, une formation ou un emploi", qui pourra durer six mois. Grâce à cette mesure, il espère créer 100 000 emplois en trois ans. Une banque de stage généralisée sera également créée pour aider les jeunes à trouver ce "marche-pied" à un premier emploi. L'Etat aidera également pendant quatre ans la création de 20 000 entreprises dans les quartiers défavorisés.
Nicolas Sarkozy veut "engager une révolution des mentalités", qu'il dit avoir amorcée en nommant Fadela Amara, "Rachida et Rama" au gouvernement. "Un fait historique sur lequel il sera impossible de revenir", a-t-il commenté. Il s'est appuyé sur ces exemples pour s'adresser, pour la première et seule fois aux habitants des quartiers et plus précisément aux jeunes qui sont alors devenus des jeunes issus de l'immigration: "Ils sont comme vous, ils vous ressemblent, ils parlent comme vous. Désormais chacun sait qu'il n'y a pas d'autres limites à son ambition que son travail". Evoquant de manière contradictoire la discrimination "qui existe", il a opposé la diversité de la France, qu'il veut graver "dans le préambule de la Constitution française". Il a confié une mission à Simone Veil pour qu'elle engage un "débat national sur ce principe". Il demande aussi l'aide de la fonction publique, qui "en cinq ans" doit s'ouvrir à la diversité "à tous les niveaux". "Certains voudront faire un débat sur la discrimination positive, moi je veux un débat sur l'action", a-t-il dit, en précédant les critiques.
Pour les 150 000 jeunes qui quittent l'école à 16 ans, Nicolas Sarkozy souhaite les inscrire "systématiquement" dans des écoles de la deuxième chance, qui seront généralisées sur tout le territoire. Ces jeunes seront identifiés grâce "à un fichier" que Xavier Darcos doit mettre en place. Afin de "casser les ghettos", Nicolas Sarozy se dit prêt à "fermer les collèges les plus dégradés". Notant, comme durant sa campagne "que le maillage de la carte scolaire a échoué", il fallait la supprimer. Pour "en inverser le principe". Il veut aider les établissements privés "d'excellence", du type de l'école Alsacienne, à s'implanter en banlieue. Il a redit son souhait de voir tous les proviseurs de lycées difficiles présenter 5% de leurs élèves en classes préparatoires, dont les dossiers seront "automatiquement" acceptés. Ces étudiants bénéficieront d'un accompagnement scolaire mais également d'une bourse et d'une place en internat.
13:20 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kamel meziti

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