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30 novembre 2007

Radiation pour délit d'opinion

L’avocat clermontois, Gilles-Jean Portejoie a, dans des entretiens repris par toute la presse, donné son avis sur la réforme de la justice initiée par la ministre Rachida Dati.

Sans donner quitus à Rachida Dati, Gilles Jean Portejoie analyse le pourquoi et le comment de la réforme, et c’est ce qui lui a attiré les foudres du PS clermontois .

En effet la ligne du Ps local est d’être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour … le gouvernement.

Oser dire publiquement que certaines mesures d’un ministre puissent ne pas être entièrement mauvaises est un crime de lèse-PS en terre d’auvergne.

L’opinion publique nationale analysera cette affaire comme un scandaleux épisode des soubresauts ultimes d’un PS agonisant et multipliant les oukases de mise à l’index des militants osant s’exprimer.

Le  crime de délit d’opinion a été exclu de la panoplie judiciaire française mais il reste un des fondements du fonctionnement du Parti Socialiste Français.

Plus pragmatiquement à Clermont-Ferrand, nous savons bien qu’il ne s’agit que d’une suite de la saga qui avait alimenté la chronique ce début d’été.

En Juin, le maire avait viré son 1er adjoint, dans des conditions rocambolesques ou l’arroseur avait été copieusement arrosé et Gilles-Jean Portejoie n’avait pas manqué de manifester son envie de monter une liste pour  s’opposer à Serge Godard en 2008. Sur le coup, les caciques locaux n’avait pas osé exclure l’avocat, empêcheur de cuisiner entre soi ; il leur fallait un prétexte pour ne pas risquer de voir tous les militants et l’opinion publique soutenir Gilles Jean Portejoie.

Le prétexte a donc, enfin, été trouvé et l’exclusion prononcée Mercredi soir .

C'est à une véritable purge que se sont livrées les instances fédérales du PS, car, avec Gilles Jean Portejoie, 4 autres responsables ont été exclus: Serge Rossignol, maire de Gerzat et Jean François Sauvadet, maire de Romagnat, tous deux pour avoir osé maintenir leur candidature aux municipales, malgrè des décisions fédérales contraires en ce qui concerne les investitures et Pierre Chassaing et Ismaël Maçna de Lezoux pour avoir oser proner l'ouverture et  soupçonnés d'avoir pris des contacts avec des non-socialistes...

Des méthodes dignes d'un autre temps, de sinistre mémoire pour nous français...

Les clermontois ne seront pas dupes et encore moins les militants du PS, d’autant plus que les investitures pour les cantonales ont, elles aussi, défrayé, il y a peu, la chronique .

portj-blog2.jpgL’effet escompté va se retourner encore une fois contre les initiateurs et Gilles Jean Portejoie va certainement profiter de cette liberté retrouvée pour entre prendre une grande consultation afin de préparer une liste de très large ouverture pour les municipales .

11 novembre 2007

L'UMP joue la diversité

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A Rennes, avec Karim Boudjema, l'UMP joue la diversité  
NATHALIE BOUGEARD (à Rennes)
13/10/2007 | Mise à jour : 10:36 |
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SORTIR de la spirale de l'échec. Après trente ans dans l'opposition municipale, la droite rennaise a choisi le renouvellement. En désignant Karim Boudjema, un chirurgien viscéral à la réputation internationale mais qui n'a aucune expérience politique, les responsables locaux de l'UMP font le pari de ravir le fauteuil de maire au Parti socialiste. Depuis 1977, celui-ci est en effet occupé sans discontinuer par Edmond Hervé, toujours très confortablement élu, réélu la dernière fois, en 2001, avec 57,23 % des voix. Cette année, la donne est sensiblement différente puisque l'hiver dernier, l'ancien secrétaire d'État à la Santé a annoncé qu'il ne briguerait pas de sixième mandat.
À la tête de l'UMP en Ille-et- Vilaine, le député maire de Vitré Pierre Méhaignerie a rapidement compris que Rennes constituait un excellent terrain pour une déclinaison locale de la politique d'ouverture lancée par Nicolas Sarkozy. Et dans ce contexte, Karim Boudjema compte quelques atouts solides : issu de la société civile, il a toujours travaillé pour l'hôpital public. Né au Maghreb il y a cinquante ans d'un père algérien et d'une mère française, il est le symbole d'une réussite exemplaire à force de travail. Enfin, il n'a jamais été membre d'un parti politique. Il a seulement présidé le comité de soutien départemental à Nicolas Sarkozy en mai dernier. « J'ai toujours voulu m'impliquer en politique. Ces derniers mois, dès que j'ai senti qu'il y avait une place véritable pour ceux qui ne sont pas des professionnels de la politique, j'ai tenté ma chance. Et aujourd'hui, je me réjouis que ma candidature ait été acceptée et que l'UMP me soutienne », explique cet homme discret.
Un néophyte
Directement inspiré de Paris, ce choix n'était pas évident localement puisque depuis des années, Loïck Le Brun tente de prendre le leadership de la droite rennaise. Reste que ses scores insuffisants tant aux municipales qu'aux législatives n'ont pas plaidé en sa faveur. Après moult discussions mais aussi un sondage effectué en septembre, le choix s'est donc porté sur un néophyte en politique et, surtout, en gestion des affaires locales. « Un maire doit avoir une vision et une ambition pour sa ville et savoir s'entourer », répond l'intéressé. Et d'ajouter : « Des hommes comme Loïck Le Brun ou Bruno Chavanat ont toute leur place sur ma liste. »
En face, le candidat socialiste à la succession d'Edmond Hervé a été élu en mars dernier par les adhérents du PS. Il s'agit de Daniel Delaveau, vice-président de la communauté d'agglomération de Rennes Métropole. C'est notamment lui qui a promu et supervisé la construction du métro à Rennes. Après avoir été maire depuis 1989 de Saint-Jacques-de-la-Lande, une commune limitrophe, il vient de démissionner pour faire campagne dans la capitale bretonne.
Stratégiquement, la candidature de Karim Boudjema est intéressante : dans une ville qui au premier tour de l'élection présidentielle a voté à 22 % pour François Bayrou, ne pas avoir de carte à l'UMP permettra peut-être de séduire les électeurs du centre. Ces voix lui seront en tout cas nécessaires dans une ville où Nicolas Sarkozy n'a obtenu que 37,29 % contre Ségolène Royal.

07 novembre 2007

ARTICLE AFP : La gauche 6 mois après sa défaite

Six mois après leur défaite à la présidentielle, le PS et le reste de la gauche ne sont pas encore parvenus à incarner une opposition audible face à Nicolas Sarkozy, malgré la vague de contestation sociale, mais ils espèrent un rebond lors des municipales.

Après le choc de la défaite et la rude épreuve de la politique d'"ouverture" du président de la République, qui a pris dans ses filets des personnalités socialistes, rien n'a vraiment changé au PS.

François Hollande demeure premier secrétaire, aucun consensus ne s'est dégagé sur les causes de l'échec du printemps. Une partie des membres (un tiers environ, selon les fédérations) a pris le large, surtout des adhérents à 20 euros.

Selon le strauss-kahnien Pierre Moscovici, "la crise dépasse de loin les adhérents à 20 euros, elle touche tout le Parti socialiste" mais celui-ci demeure "un parti fort" de par ses bataillons d'élus.

"C'est assez paradoxal. Le gouvernement met en oeuvre une politique qui est résolument de droite (...) Et face à cela, on voit une gauche qui balbutie son discours", estime l'un des "jeunes qui montent", Benoît Hamon.

Selon cet eurodéputé, "le Parti socialiste est devenu une addition de +je+" et cela perdurera tant que ne sera pas tranchée, sans doute à l'automne 2008 lors du congrès, la stratégie du parti.

Du coup, alors que les salariés du secteur public s'apprêtent à battre le pavé pour un mois de novembre qui s'annonce agité, le PS a du mal à tirer parti du mécontentement.

"Les difficultés réelles du gouvernement ne semblent pas profiter à la gauche" qui "n'est pas aujourd'hui plus audible et plus crédible" qu'au printemps, relève Brice Teinturier (Sofres).

Cet analyste ne note "aucun regain de popularité dans l'opinion des leaders de la gauche: Ségolène Royal a beaucoup baissé et on ne voit pas l'émergence d'un leader incontesté".

Selon un sondage IFOP, les Français seraient encore plus nombreux à voter pour Nicolas Sarkozy - et encore moins pour Ségolène Royal - si la présidentielle avait lieu cette semaine.

"Il faut du temps et un travail du côté de la gauche pour préparer une alternance crédible", relève M. Teinturier.

Pour l'heure, c'est encore la cacophonie rue de Solférino: les nombreux ouvrages critiques de personnalités PS sur la campagne de l'ex-candidate ont ravivé la polémique, ne donnant pas l'image d'un parti rasséréné.

La bataille pour la présidentielle de 2012 sous-tend les débats: "Si on continue nos combats de gladiateurs, on arrivera encore une fois en miettes à l'échéance de 2012", prévient Arnaud Montebourg.

C'est à l'occasion des municipales que les socialistes espèrent redorer leur blason, avec une stratégie fixée par François Hollande: unité à gauche mais pas d'alliance avec le MoDem. Reste à savoir si les maires des grandes villes respecteront la consigne.

Sans compter que l'unité de la gauche peine à se réaliser: le patron du PS a enterré le "comité Riposte" intégrant l'extrême gauche. Il préconise un "comité de liaison" de l'ancienne gauche plurielle. Mais la numéro un du PCF, Marie-George Buffet, se rebiffe et dénonce la volonté du PS de lui "chiper" des municipalités.

De leur côté, les Verts, sonnés par le score de Dominique Voynet le 22 avril (1,57%), peinent à être visibles face à un gouvernement qui, notamment via le "Grenelle de l'environnement", "se peint en vert", selon l'expression d'Yves Cochet. Noël Mamère se demande même si les Verts survivront "jusqu'en 2012".

Elahé Merel / AFP


01 novembre 2007

Plainte contre Racisme pour le PS en Auvergne

A Clermont, le choix des candidats PS aux cantonnales s'est terminé par des accusations de racisme.

 C'est une affaire qu'auraient pu connaître de nombreuses sections du Parti socialiste. Une affaire où se heurtent des militants à l'ancienne, qui se considèrent comme les meilleurs juges des stratégies électorales locales, et de jeunes militants, issus de l'immigration, qui ne veulent plus être de simples colleurs d'affiche.

Le 10 octobre, Karim Srikah, 29 ans, secrétaire de la section Nord de Clermont-Ferrand du PS, se rend à une réunion du bureau fédéral (l'instance politique), où l'on doit valider les candidatures aux cantonales. Srikah souhaite se présenter. Mais là, une surprise l'attend.

Il y a dans l'assistance le gratin local du PS. Un député (Alain Neri), un conseiller régional, des conseillers municipaux... Les candidatures de la section Nord -sa section- sont évoquées. Et là, selon le récit que Srikah en fait, juste après la réunion, dans une lettre aux militants de sa section, un des conseillers municipaux, Philippe Bohélay, s'emporte contre le système clientéliste mis en place dans le nord de la ville pour bâtir les sections PS, et déclare:

"Les candidatures de la section Nord ne sont pas raisonnables. Nous avions l'habitude de donner des maisons à la Plaine (un quartier de Clermont, ndlr) ou de donner du travail à ces gens-là, et voilà qu'ils veulent être comtes à la place du comte".

Pour Srikah, l'expression "ces gens là" désigne forcément les immigrés et descendants d'immigrés, qui forment la majorité de la population du canton Nord. Le "comte", dans son esprit, ne peut être que le conseiller général sortant, Alexandre Pourchon, fils d'un ancien notable du PS. A lire la lettre de Srikah, Philippe Bohélay a ajouté:

"Le canton Nord est le bastion de la ville de Clermont-Ferrand et il est inconcevable que l'on puisse s'appuyer sur de telles candidatures. Nous aurions dû empêcher ces gens-là, bien avant, d'adhérer au Parti socialiste. Alors que l'on voit des familles, aujourd'hui trois, bientôt vingt, qui risquent de peser demain sur la désignation de la tête de liste des socialistes aux futures municipales. Nous risquons donc de perdre le canton et la ville de Clermont-Ferrand."

 

Srikah y voit une allusion claire aux familles franco-marocaines, dont la sienne, qui "tiennent" la section PS du Nord. Choqué, il proteste. Un seul membre de l'assistance l'appuie franchement: Guy Kpamegan, prof de lycée, franco-béninois et candidat lui aussi pour la candidature dans le canton du Nord. Ce dernier a, depuis, décidé de démissionner de toutes ses fonctions au sein du parti, et confirme le récit du jeune militant: "C'était du délire, je ne reconnaissais plus Bohélay", nous dit-il.

"Tous les autres sont restés silencieux", rapporte Srikah dans sa lettre. Il décide alors de saisir la commission de discipline du parti...

Le lendemain, après une explication avec les dirigeants socialistes, Karim Srikah signe une nouvelle lettre à ses camarades, sur un papier à en-tête et dans une enveloppe de la fédération:

"Philippe Bohélay a tenu à s'expliquer et a reconnu le caractère maladroit de son intervention, dans laquelle il n'avait cherché à stigmatiser personne. Ses propos n'avaient aucun fondement raciste. Pour ces raisons, je retire ma demande de saisine de la commission des conflits."

 

Srikah, un employé municipal, père de deux enfants, retire alors opportunément sa candidature. Il n'a pas tenu à s'exprimer depuis.

Deux nouvelles plaignantes

Une autre candidate du canton, Zora El Afghani, porte plainte. Puis Chafia Mentalecheta, ex-pasionaria du PS, qui vient d'en claquer la porte, s'insurge sur son blog , décide de saisir la Halde , porte plainte elle aussi au pénal. Elle écrit à François Hollande:

"L’affaire tente d’être étouffée non pas en sanctionnant l’auteur des propos –ce qui aurait permis une issue noble et digne à ce sordide épisode- mais en exerçant les pressions les plus viles sur celui qui les dénonce."

Au téléphone, elle nous décrit un système socialiste délétère:

"Le PS n'est pas raciste tant que les descendants d'immigrés sont des gens en difficulté, tant qu'il faut les aider, faire la charité. Mais dès que ceux-ci prétendent avoir les même droits, être candidat comme les autres, alors ça coince."

 

  Tensions partout en France

Cette affaire explose dans un contexte particulier, et les nerfs des uns et des autres sont à vif. De telles tensions, autour du thème de la "diversité", ont lieu dans bien des sections, pas seulement dans le Puy-de-Dome. Pour beaucoup de militants d'origine maghrebine, les socialistes ont bâti des sections PS dans les quartiers populaires pour ensuite bloquer les candidatures des militants issus de ces quartiers: soit pour garder leurs postes, soit par crainte de faire peur aux électeurs...

Mais ce calcul est-il malin? L'UMP, pendant ce temps, sans bruit, a décidé de présenter, dans le même canton Nord de Clermont-Ferrand, le candidat Samir El Bakkali... Et il a nommé au gouvernement une femme issue de ce quartier: la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara.

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